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Né dans les années trente, Picard Les Surgelés a su s’adapter aux différents modes de vie, et s’imposer sur un marché en pleine expansion.
Des pains de glace aux plats gastronomiques cuisinés... Georges Grunenwald, directeur de la qualité et de la communication, retrace l’histoire d’une croissance régulière.

Au départ, Picard était une entreprise familiale...
Georges Grunenwald : En effet, elle a été créée par la famille Picard, et s’appelait Les Glacières de Fontainebleau. L’entreprise livrait à domicile des pains de glace dans le sud de la Seine-et-Marne.
Après la Seconde Guerre mondiale, avec l’apparition des réfrigérateurs et des congélateurs, Fernand Picard a lancé une petite gamme de 300 produits surgelés.
En 1973, Armand Decelle rachète l’entreprise, qui pèse alors 5 millions de francs de chiffre d’affaires – entreprise qui fonctionne essentiellement avec la livraison à domicile – et entrevoit aussitôt l’avenir brillant des produits surgelés...

À quelle date remonte la création de la première enseigne Picard ?
Notre premier magasin a ouvert en 1974, rue de Rome à Paris. Mais c’est en 1979, après qu’une importante grève de La Poste eut paralysé l’activité de Picard, qu’Armand Decelle a décidé d’accélérer les créations de points de vente.

En quoi consiste la stratégie commerciale de l’enseigne ?
Elle repose sur deux valeurs fondamentales. Tout d’abord, l’intransigeance sur la qualité de nos produits et de nos services. Ensuite, l’écoute que nous portons à nos clients pour adapter notre gamme.
Car nous sommes à la fois producteurs de produits et distributeurs ; notre réactivité est donc totale. Ainsi, si les consommateurs n’apprécient pas une nouvelle référence, nous l’enlevons immédiatement.

Avez-vous pu mesurer l’efficacité de cette stratégie ?
Oui. D’après des études qualitatives que nous avons menées, nous obtenons un taux de fidélisation, de notre clientèle de l’ordre de 50 %, et nous gagnons chaque année des parts de marché.

Après avoir racheté une partie du capital de Picard, en 1994, Carrefour s’est retiré. Pourquoi ?
Carrefour a décidé de se recentrer sur ses métiers de base que sont le supermarché, l’hypermarché et le hard discount.
Picard était toujours resté un peu à part, conservant une certaine autonomie quant à son positionnement et à sa stratégie. Nous n’avions plus vraiment notre place
chez Carrefour.

Quelles en sont les conséquences pour la marque ?
Nous avons conclu, en mars dernier, une vente de notre capital à une association franco-britannique de fonds d’investissement. L’un des fils d’Armand Decelle, Xavier, aujourd’hui président-directeur général, a repris une partie du capital. Cette situation ne nous effraie pas, bien au contraire; notre positionnement sur le marché du surgelé reste excellent.

Depuis quand êtes-vous implanté à l’étranger ?
En 1999, Picard a racheté la filiale italienne de Gel 2000, qui comprend soixante points de vente et un entrepôt près de Milan.
Nous envisageons de nous installer en Espagne, au Portugal, en Belgique...

Vous venez d’ouvrir un site marchand sur Internet...
En fait, il existe depuis la fin de l’été 2000. Son développement est en bonne voie puisqu’il enregistre déjà une centaine de commandes par jour.

Propos recueillis par Véronique Le Hen
Picard Les surgelés
en chiffres
450 magasins
en France dont 200 en Île-de-France.
30 à 40 nouveaux magasins par an en France.
1000 références.
150 produits nouveaux, environ, par an d'ici à deux ans en France.
2300 salariés.

L'indicateur :

Chiffre d'affaires
(en milliards de francs)
2000
2001
(prévision)
3,5
4