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Pays riche à pouvoir d’achat homogène, la France attire les enseignes étrangères… Même si elle leur semble parfois difficile à cerner !

Michel Pazoumian, délégué général de l’association Procos*, un club réunissant quelque 150 enseignes du commerce spécialisé (Yves Rocher, la Fnac, Leroy Merlin…), confirme la monté en puissance des enseignes étrangères dans l’Hexagone.

Quels sont les atouts du marché “France” pour les enseignes étrangères ?
Michel Pazoumian :

La France attire car c’est un pays à la fois dense, riche et avec un pouvoir d’achat relativement homogène sur l’ensemble du territoire. L’offre de surfaces commerciales y est importante.
Enfin, elle propose un environnement concurrentiel stimulant, sur lequel les concepts de niche et les “plus” des enseignes venues d’ailleurs trouvent aisément leur place. En Europe, la France arrive juste derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne, en termes de chiffre d’affaires par mètre carré.

Quelles sont ses faiblesses ?
La France est un pays à multiples facettes, parfois difficile à cerner pour les étrangers.
Paris est un marché spécifique, les capitales régionales en sont un second et les villes moyennes un troisième avec des particularismes commerciaux marqués, selon que l’on est au nord, au sud, sur une côte ou près d’une frontière...
C’est la raison pour laquelle la plupart des enseignes commencent par la capitale et ses 11 millions de consommateurs potentiels pour tester leur concept. L’enseigne espagnole Colonel Tapioca, par exemple, a essuyé un échec pour avoir tenté de faire son entrée sur le marché français par des centres commerciaux de province...

Quel bilan faites-vous des implantations étrangères depuis dix ans ?
Je les classerais en trois catégories : les réussites (Zara, McDonald’s, H&M, Ikea…), les échecs (Laura Hashley, Planet Hollywood, Hypermédia…) et les “mitigés” (Toys’R’Us, Virgin, Dysney Store, Benetton…). Ceux qui ont le mieux réussi se sont adaptés au consommateur français et ont fait oublier leur nationalité. La mondialisation est une démarche à haut risque qui coûte cher...
À terme, elle ne concerne certainement qu’une poignée d’enseignes.

* Procos met à la disposition de ses adhérents des outils destinés à faciliter les décisions d’implantation : niveau de loyers, études, suivi des projets commerciaux au niveau national, bases de données “chiffres d’affaires”...

Propos recueillis par Florence Elman