Dossier : Euro… le grand saut !
Honora, le meilleur pour les petits
Conrad Électronique, un "hyper"spécialisé
Carrefour fait son printemps de Prague
Jérôme Bédier : "L'euro stimulera la concurrence"
Cetelem mesure les comportements euro
Cetelem accompagne ses partenaires
Introduction
Enseignes : dernière ligne droite avant 2002
Système U renforce la confiance des  clients
Équipements euro : la distribution paie
Entre francs et euros… le cœur des consommateurs balance côté francs !
Calendrier euro
Kiloutou, pionnier et leader de la location !
Mondial Pêche met l'Europe dans ses filets
Twinner dope les indépendants du sport
Le commerce sélectif ou les contraintes en ligne
La parapharmacie met la santé dans le caddie
 

Équipement, formation des personnels, préparation des clients... Le point sur les derniers réglages quatre mois avant l'échéance.

"Techniquement, le commerce est déjà quasiment prêt pour le passage à l'euro, avance Baudouin Monnoyeur, président du Conseil du commerce de France (*). Maintenant, reste à savoir comment les consommateurs vont réagir...

La grande distribution et le commerce indépendant sont-ils égaux face à l'euro ?
Baudouin Monnoyeur :
Les grands groupes, structurés et organisés, ont pris de l'avance... Ils se sont donnés — concurrence oblige —, les moyens financiers et humains de réussir le passage à l'euro. L'état des lieux est satisfaisant : les systèmes sont en place, 600 000 terminaux ont été modifiés, et des formations sont en cours…
Le commerce de proximité connaît plus de difficultés : le boucher, le droguiste de quartier, le commerçant ambulant... se sentent un peu seuls face à la nouvelle monnaie.
Double affichage, modification des prix, arrondis, retrait des francs, familiarisation avec les billets et les pièces en euros... impliquent une surcharge de travail et un vrai changement de culture. Je crains que le jour "J" les consommateurs aillent vers les grandes enseignes jugées plus "rassurantes".

Auprès de quelles instances le commerce peut-il s'informer ?
Les banques, les fédérations du commerce, les chambres de commerce et d'industrie… sont les meilleurs interlocuteurs. Le Conseil du commerce de France a ainsi conçu, pour ses adhérents, un guide pratique, avec des recommandations et un planning, destiné à faciliter le passage à l'euro. Cet été, par exemple, les points de vente doivent travailler sur l'analyse des prix, le double affichage, la politique promotionnelle et la formation du personnel s'ils veulent être au rendez-vous.

Le commerce et la distribution ont-ils bénéficié d'aides spécifiques ?
Un décret récent permet l'amortissement accéléré des matériels qui intègrent l'euro. C'est la seule aide dont bénéficie le commerce !
En réalité, le passage à l'euro est l'occasion pour beaucoup de points de vente de changer des caisses qui sont déjà amorties.

Pourtant, le passage à l'euro est censé coûter cher...
Le véritable coût de l'euro, c'est le choc du changement de monnaie qui peut entraîner une période de déconsommation, une désaffection pour les produits nouveaux, des comportements irrationnels que l'on pourra mesurer en janvier prochain.

Comment maintenir la confiance des consommateurs en matière de prix, sans intervention de l'État ?
Un certain nombre de distributeurs, producteurs, organismes paritaires liés au commerce se sont pris en main et ont signé "un pacte de stabilisation des prix" pour la période du 1er novembre 2001 au 31 mars 2002. C'est un accord de bonne pratique qui repose sur la bonne foi, la transparence et la neutralité. L'idée est de ne pas perturber le consommateur, ce pacte permet de lui garantir que les prix en euros du début 2002 sont bien les mêmes que ceux en francs de la fin 2001.

*Le Conseil du commerce de France (CCF) regroupe quelque 120 fédérations du commerce. À la fois lieu d'information et relais d'opinion, il s'implique dans les thématiques intéressant ce secteur d'activité : l'euro, la sécurité, les 35 heures... Le CCF fait partie du Conseil national de l'euro.

Propos recueillis par Florence Elman
Les chiffres
Des consommateurs "euro-réticents"
La grande majorité (76 %) des Français se sent bien informée sur le passage à l'euro, même si 57 % d'entre eux craignent de confondre les pièces et les billets qui seront mis en circulation. Pourtant, à moins de quatre mois du basculement, l'euro est encore loin d'être la monnaie de "référence" des Français : 86 % déclarent ne connaître aucun prix de produits en euros, 68 % avouent avoir du mal à les retenir, et 48 % affirment ne regarder que les prix en francs ! Ainsi, pour 69 % des Français, il sera temps de s'y mettre le jour "J".
Un bilan d'autant plus décevant que la grande distribution et 64 % des commerçants indépendants acceptent depuis plusieurs mois les paiements en euros. En mai dernier, les paiements bancaires en euros n'ont en effet représenté que 11 % (soit 2,3 millions de chèques) du total des paiements réalisés. Espérons que la généralisation de l'euro majeur en grande distribution, dès septembre, et le démarrage de la campagne "Euros Bienvenus" rendront la monnaie unique plus attrayante aux yeux des Français…
(Source : Baromètre CSA/Opinion/Ministère de l'économie)
Les grands rendez-vous 2001
et 2002 du passage à l'euro...
 
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