 Les Français ne sont guère pressés d'adhérer à l'euro. À quatre mois du basculement, les "inquiets" et les "résignés" dominent encore, tandis que les "euro trotters" font figure d'exception. Un comportement dans lequel il faut voir plus d'attentisme que d'impopularité. Le consommateur ne perçoit aujourd'hui que les inconvénients de l'euro. Résultat, en juin, seules 3 % des transactions commerciales étaient effectuées en euros !
La perte des repères Les tests
menés par la société d'études Sonica
dans un Shopi et un Leclerc
de la région parisienne ont permis de cerner les "craintes" générées par les étiquettes
en euros. Pour les produits alimentaires, le consommateur a l'impression de perdre
ses repères : il éprouve de réelles difficultés à mesurer les écarts de prix
divisés par 6,55957 , entre deux produits d'une même famille.
Du coup, il appréhende mal l'économie qu'il peut faire en choisissant telle promotion
ou telle marque de distributeur. La fin des prix psychologiques
Autre frein : l'impossibilité de traduire les actuels prix psychologiques.
Finis les "foires à 10 francs", les prix ronds des têtes de gondole, les
produits à 9,90 francs, 49 francs ou 99, 90 francs… L'acheteur doit
reconstruire sa propre échelle de références en euros. La crainte
inflationniste Un exercice périlleux car le double affichage l'incite
encore à raisonner en francs. Un "rempart" auquel il s'accroche d'ailleurs avec
force pour essayer de détecter les "dérapages"... Les consommateurs français
sont en effet plus de 50 % à parier sur une valse inflationniste et sur des
modifications de packaging, en dépit de l'engagement pris, le 2 avril dernier
à Bruxelles (code de bonne pratique), de "ne pas profiter de l'occasion pour appliquer
des hausses de prix cachées". Une bataille concurrentielle
Difficile dans ce contexte de rendre lisibles les avantages d'une monnaie unique
que la plupart des Français n'ont pas encore manipulée. Pourtant, certains seront
sans doute surpris de voir les étiquettes revues à la baisse. Le passage à l'euro
représente une occasion unique pour la distribution de refondre les prix et d'européaniser
les achats. Il s'agit d'une part de gagner une bataille concurrentielle à fort
enjeu et d'autre part de négocier un certain nombre de produits à l'échelle européenne.
Des enseignes "pédagogiques" À la clef, les enseignes réaliseront
des économies d'échelle et élimineront les risques de change. Des "euro avantages"
qui devraient aller en s'amplifiant au fil des mois, passé le cap du basculement.
La distribution des "kits euros" (15,24 euros, soit 100 francs), à partir du 15 décembre 2001,
relayée par l'État qui lance en septembre la campagne "Euros Bienvenus" et les
commerces qui sont aujourd'hui les vecteurs privilégiés de l'information euro
à destination du grand public, devra permettre aux particuliers de se familiariser
avec les nouvelles pièces et amorcera la confiance en la monnaie unique.
Noémie
Ponsort | |
| En
savoir plus A
lire et à voir |
"Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie"
www.finances.gouv.fr
"Commission européenne" www.europa.eu.int
"Association pour l'union économique et monétaire de
l'Europe" www.amue.If.net
"Euro
info centres" www.industrie.gouv.fr
"Banque de France : 100
questions-réponses sur le passage pratique à l'euro" www.banque-France.fr
"Conseil du commerce de
France" 14,
rue de Castiglione 75002 Paris Tél. : 01 40 15 03 03
"Fédération nationale des agents commerciaux" 30,
avenue de l'Opéra 75002 Paris Tél. : 01 44 94 05 50
"Fédération des entreprises du commerce et de la
distribution" 8, place d'Iéna 75116 Paris Tél.
: 01 44 34 69 50
"Libre service
actualités : actualité et archives" www.lsa.fr
"Points de vente : actualité et archives" www.points devente.com
"Revue
Action Commerciale" (mensuel) 56, rue de Paris 92771 Boulogne-Billancourt Tél.
: 01 46 99 93 93 | |
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