
À cinq mois du passage
à l'euro, tous les acteurs économiques peaufinent les derniers préparatifs.
Selon Jérôme Bédier,
président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution,
le passage à l'euro représente une réelle opportunité pour le commerce à condition
d'avoir pris les devants ! À quelques semaines de l'échéance
"euro", quels vont être les changements majeurs ? Jérôme Bédier :
L'euro est une nouvelle importante pour les commerçants. Avec le passage à l'euro,
nous basculerons réellement dans le marché unique européen. C'est une révolution
qui a conduit nombre de commerçants, grands ou petits, à "européaniser" leur stratégie.
Comme les autorités l'ont souvent souligné, l'euro est un moyen de renforcer la
concurrence. C'est d'ailleurs un argument que les institutions européennes ont
constamment mis en avant. Mais l'enjeu final est la construction de l'Europe.
Ne craignez-vous pas des retombées commerciales négatives? Pour
les éviter, il faut avoir anticipé, en ayant préparé
l'affichage des prix, sa comptabilité, ses outils informatiques
sans
oublier l'information auprès du grand public. On parle de risque de
déconsommation, mais je n'y crois pas : ce facteur dépend avant
tout des données macroéconomiques. Il y aura peut-être
une légère surconsommation en décembre, suivie d'une légère
décrue en janvier. Ce phénomène permettra une certaine
fluidification du trafic aux caisses. Après, il y aura les soldes et
tout reviendra à la normale. Le 15 janvier, tout sera fini !
Il nous reste peu de temps pour nous adapter... C'est impératif.
Si l'on pratique la double caisse trop longtemps, nous courons à la catastrophe.
C'est pour cela que nous ne parlons pas de période de double circulation, mais
de période de retrait, ou de "trappe à francs". Il faut que cette trappe fasse
disparaître les francs le plus rapidement possible. On sait que le Français possède
en moyenne 350 F d'encaisse utile. Il est raisonnable de penser qu'en quinze
jours cette somme devrait avoir disparu. Quel effet direct aura l'euro
sur le commerce ? L'euro est un outil intéressant pour concevoir
des offres et dynamiser une politique commerciale. Les commerçants seront
en concurrence et pourront réellement se différencier.
Les commerçants français sont-ils réellement prêts ?
Il faut que, dès le mois de septembre, il y ait une acceptation massive
de l'euro par chèques ou par cartes bancaires, afin qu'au 1er janvier 2002
il ne reste plus que le problème des billets et des pièces à
régler. Il faut que non seulement les commerçants soient prêts,
mais qu'ils le proposent systématiquement à leurs clients.
Propos
recueillis par Laurent Durasnel
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