Dossier : Le retour en force de la vente directe 
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Des produits techniques et innovateurs,
un encadrement légal et des vendeurs motivés ont fait décoller la vente à domicile…

“Las de l’achat anonyme, les consommateurs découvrent les vertus de la vente directe : la convivialité des réunions, les conseils du vendeur, la qualité des produits, la livraison à domicile, la possibilité de renoncer dans les sept jours…”, évoque Philippe Dailey, délégué général du Syndicat de la vente directe*.

Quel est le poids de la vente à domicile en France ?
Philippe Dailey : Je préfère parler de vente directe… Celle-ci représente un chiffre d’affaires de 20 milliards de francs pour 300 000 vendeurs. L’Allemagne et la Grande-Bretagne affichent le double… et les États-Unis, 27 milliards de dollars pour 11 millions de vendeurs ! En France la vente directe représente moins de 5 % de la consommation des ménages, mais cette tendance est à la hausse, grâce à des entreprises dynamiques créées ces dix dernières années.

Cette technique de vente est-elle adaptée à toutes les produits ?
La vente directe n’a pas de raison d’être sur une référence standard banalisée… Seuls les produits qui nécessitent des explications, ou présentent des “plus” en terme de qualité, impliquent une démonstration ou un conseil… sont vraiment adaptés à ce circuit. C’est le cas des produits concernant l’amélioration de l’habitat, des articles ménagers, des cosmétiques, du textile (notamment la lingerie), des produits diététiques...

Comment se déroule ce type de vente ?
Il faut distinguer la vente en réunion et la vente individuelle. Dans le premier cas, la vendeuse (effectif féminin à 71 %), présente ses produits à une douzaine de clientes réunies au domicile d’une “hôtesse”.
La vendeuse (statut VDI**) est rémunérée sous forme de commission sur les ventes (20 à 40 %), l’hôtesse est dédommagée par des cadeaux (produits vendus).  
Dans le second cas, la vente se déroule au domicile du client avec éventuellement une offre de crédit. Le vendeur peut avoir un statut de VRP ou d’agent commercial. De plus en plus, il démarre  comme VDI puis, au bout de quelques années, devient agent commercial (salarié) lorsque ses commissions dépassent le plafond de 15 000 francs.

Quelles ont été les grandes évolutions du circuit de la vente directe ?
Depuis le milieu des années 90, la vente directe est régie par des lois et un code de déontologie très strict qui protègent les vendeurs et les consommateurs.
Résultat, la vente pyramidale, qui a pu porter ombrage à l’image du secteur, est aujourd’hui interdite. D’où le retour à la croissance !


* Créé en 1968, le SVD compte une centaine d’entreprises adhérentes (soit un CA de 7,5 milliards de francs pour un effectif de 185 000 personnes).
**VDI : vendeur à domicile indépendant, voir Point 1 : Quand le vendeur devient ambassadeur.

Propos recueillis par Florence Elman
Les chiffres
La vente directe en Europe
Une étude réalisée par le cabinet PriceWaterhouse Coopers estime à 12 milliards d’euros le chiffre d’affaires de la vente directe en Europe. Sur la première marche du podium, l’Allemagne avec une part de 35 % puis la France (18 %), l’Italie (16 %), la Grande-Bretagne (14 %) et les autres pays (9 %). Un secteur porteur si l’on en croit cette prospective puisqu’une
croissance de 25 % est escomptée sur la période 1998-2002.

L’origine des produits vendus ?
La plupart des sociétés de vente directe fabriquent leurs gammes, la France en tête avec un taux de 85 %, suivie de la Suède (80 %) et de l’Allemagne (76 %)…

Le profil du vendeur européen ?
C’est plutôt une femme (80 %), entre 35 et 49 ans (47 %), qui travaille à temps partiel (80 %). En terme d’effectif, la Grande-
Bretagne arrive en tête du peloton avec 480 000 vendeurs, talonnée par l’Allemagne-Autriche-Bénélux (440 000). Quelques 98 % des vendeurs à domicile européens sont des indépendants.
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