
Complémentaire et proche des consommateurs, la vente
à domicile a gagné en maturité et séduit de plus en plus les Français.
"La vente à domicile a un bel avenir" selon Maître Henri Temple,
avocat à la cour, directeur du Centre de droit de la consommation, premier et
ancien président de la Commission paritaire de la médiation de la vente directe.
Quelle situation connaît la vente à domicile ?
Henri Temple : Après avoir essuyé quelques affaires, dans les
années 80, la vente à domicile a retrouvé peu à peu ses lettres de noblesse.
Pouvez-vous nous rappeler les étapes
de cette évolution ?
Tout d'abord, il y a eu la création de la Commission paritaire de médiation qui
permet aux consommateurs de se défendre contre des professionnels peu scrupuleux.
Aujourd'hui, une norme est en cours d'élaboration. Son objet est d'assurer la
qualité de l'information, des prestations annexes à la vente à domicile et du
service après-vente. Pour l'instant, aucune norme Afnor
ne régit la vente à domicile, il s'agira donc d'une grande première, prévue officiellement
pour 2002. Nous devrons ensuite œuvrer pour que cette norme française devienne
le standard européen.
La vente à domicile en France semble en retard face au reste de l'Europe...
Effectivement, elle n'est pas vraiment entrée dans les mœurs françaises, alors
que les Anglais et les Russes l'adorent ! Mais, les efforts effectués par la profession
commencent à porter leurs fruits. J'ai bon espoir car la vente à domicile, de
plus en plus saine et mature, a su s'armer intelligemment pour gagner...
En quoi peut-elle devenir un mode de vente d'avenir ?
La vente à domicile constitue une très grande opportunité pour les distributeurs
qui veulent pénétrer des marchés avec des produits complexes, peu connus du grand
public, ou échapper aux contraintes de la distribution classique. Ils peuvent
rapidement et sans gros investissements, si ce n'est la formation de leurs vendeurs,
mettre en place une force de vente. Ce mode de vente complémentaire devient vraiment
intéressant.
Propos recueillis par Véronique Le Hen
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