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Pragmatiques, les sites de jeux et les sites dits “pour adultes”
qui, à l’origine, semblaient marginaux occupent aujourd’hui les
premières places de la distribution en ligne...
Jeux… la manne du web
En France, les jeux en ligne souffrent d’un handicap a priori insurmontable.
La législation n’autorise en effet que deux types de jeux :
les gratuits qui distribuent des prix (en espèce ou en nature) et
les payants qui ne peuvent rémunérer les joueurs à l’exception de
la Française des Jeux (www.fdjeux.com).
Pour les premiers, le modèle économique est un classique de l’Internet
: le site se rémunère sur la publicité, la revente de trafic et
de fichiers marketing, ou encore en fournissant des jeux clés en
main. Un modèle qui fonctionne plutôt bien : Bananalotto
(1 million d’inscrits) ou Koodpo,
associé à TF1 (350 000 inscrits),
peuvent en témoigner. Mais, les chiffres d’affaires annoncés
(2,3 millions d’euros au 4e trimestre 2000 pour le leader
Bananalotto)
montrent qu’il ne s’agit que d’un créneau limité.
Un CA supérieur au cinéma
L’aspect ludique des jeux en ligne est plus prometteur. Fabrice
Lefevre-Sory, chargé du développement stratégique chez Richelieu
Finance, estime, dans le journal
du Net, que le marché mondial du jeu en ligne devrait atteindra
5 milliards d’euros en 2004. Soit un chiffre d'affaires
global supérieur à celui de l’industrie cinématographique !
Si les géants du secteur (AOL Time
Warner, Vivendi
Universal, Sony,
Microsoft…)
dominent le marché, les outsiders (Infogrames,
Ubi Soft…) sont
parés pour tirer leur épingle du jeu…
Du charme qui rapporte
De son côté, le "charme" prospère sans bruit avec
des chiffres qui laissent rêveurs. Hors numéros surtaxés, les paiements
en ligne liés aux sites adultes atteignent 2,75 milliards d’euros
en 2000, pour l’Amérique du Nord et l’Europe (3,75 milliards
d’euros prévus pour 2003). Le charme a été l’un des premiers
secteurs du B to C à adopter un modèle d’accès payant,
sur abonnement discret et anonyme. Résultat : 30 % des internautes
fréquentent ce type de site plus ou moins régulièrement. Un marché
français prospère. Les géants, comme l’Américain Tiarra Corp (www.lumyr.com)
affichent donc des chiffres d’affaires confortables qui dépassent
les 10 millions de dollars. Quant aux sociétés françaises,
habituées à ce type de marché grâce au “Minitel rose”, elles tirent
leur épingle du jeu, avec des montants de transactions comparables
à leurs consurs américaines.
Laurent Durasnel
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