
Jean Deleplanque, président du Comité des Champs-Élysées
explique comment "la plus belle avenue du monde est devenue
un lieu de cristallisation commerciale unique".
«Il y a plus de dix ans, Roland Pozzo di Borgo, avait compris la dimension historique et commerciale exceptionnelle des Champs-Élysées. Il a tout mis en uvre pour que la "plus belle avenue du monde "conserve ce statut unique.» Jean Deleplanque, successeur de Roland Pozzo di Borgo à la présidence du Comité des Champs-Élysées, représente aujourd'hui près de 165 commerces différents, du plus luxueux au plus populaire...
Comment se compose le Comité des Champs-Élysées ?
Jean Deleplanque : Il est constitué d'un bureau
élu en assemblée générale pour cinq
ans par les 165 membres (les commerçants des Champs-Élysées),
composé d'un président, de deux vice-présidents
et d'un secrétaire général.
Comment définiriez-vous son rôle ?
Les Champs-Élysées, c'est l'âme de Paris !
On oublie trop souvent leur valeur symbolique : une avenue
qui relie deux endroits magiques la Concorde et l'Arc
de Triomphe.
La mission du Comité des Champs-Élysées
consiste à perpétuer cette ambition en termes
de beauté, de grandeur et de majesté, tout en
lui conservant son aspect populaire. Car il ne faut pas oublier
qu'à la fin du XVIIe siècle, les Champs-Élysées
étaient un endroit où les gens se retrouvaient
pour s'amuser et danser dans des banquets et des bals populaires
(voir notre point
1).
Entre-temps il y a eu la rénovation...
Tout à fait ! Et c'est le Comité, sous
la responsabilité de Roland Pozzo di Borgo, qui a sensibilisé
la Ville de
Paris et la préfecture de Police à ce problème
dès 1988.
La réaction des pouvoirs publics a été
particulièrement rapide et efficace.
Les travaux de rénovation ont débuté en
1990 pour s'achever en 1994 ! Résultat : les
Champs sont redevenus et sans conteste ! ,
la plus belle avenue du monde, et surtout le site le plus sûr
de France (voir notre
point 7).
Les Champs-Élysées ont aussi une dimension
commerciale évidente...
Avec 165 commerces, les Champs-Élysées sont un
lieu de "cristallisation commerciale unique".
Tous les secteurs de la distribution sont présents :
le "luxe" (avec Vuitton,
Guerlain
et bientôt Cartier...) le populaire (avec McDonald's
ou la boutique du PSG)
et le culturel (Virgin,
la Fnac, les
cinémas, les restaurants et boîtes de nuit...).
Le succès de l'avenue dépend pour beaucoup de
cette hétérogénéité. Chaque
passant doit pouvoir acheter en fonction de son budget.
Comment des enseignes si différentes trouvent-elles
leur compte ?
Très simplement : un magasin qui ouvre sur les Champs-Élysées
devient le lieu de vente numéro un d'une enseigne, tant
en fréquentation qu'en chiffre d'affaires.
Des répercussions commerciales qui dépassent
le site lui-même ?
Oui. Par exemple, le Comité est à l'origine de
la possibilité d'ouvrir le dimanche... Pour mettre fin
à l'affaire Virgin qui devait payer une amende
pour pouvoir ouvrir son magasin le dimanche , nous avons
proposé au gouvernement une ouverture des magasins à
vocation culturelle sept jours sur sept à condition qu'ils
soient situés sur une zone touristique. Notre proposition
a été acceptée, les Champs-Élysées
ont été déclarés "touristiques".
À Paris d'autres zones ont suivi
Côté distribution, quels sont vos projets ?
L'objectif du Comité est d'obtenir l'ouverture du dimanche
pour l'ensemble des commerces de l'avenue.
Propos recueillis par
Luc Olivier
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Repères
Le
Comité des Champs-Élysées
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Dès le milieu du XIXe
siècle les riverains des Champs-Élysées
lancent des initiatives qui constituent un
Comité informel mais très actif.
En 1901, ils se réunissent au sein
d'une association loi 1901. Certaines enseignes,
comme celle de la famille Vuitton, ont marqué
de leur empreinte l'association. Le Comité
est devenu un club fermé où
l'on ne peut entrer qu'à trois conditions :
ouvrir un magasin sur les Champs, y habiter
ou selon la tradition, lorsqu'une personne
reprend un bail, une société
ou la direction d'une entreprise nationale,
son président prend la succession du
prédécesseur. |
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