L'apparition
d'Internet pose un nouveau défi que les enseignes et, plus largement, les sociétés
doivent apprendre à utiliser à leur profit. Les cellules de veille technologique
- telles que l'Atelier, référence en la matière - en maîtrisent tous les outils
et apportent aux entreprises l'information dont elles ont besoin. Le tour de la
question avec Nathalie Cordonnier, directrice des événements à l'Atelier
BNP Paribas.
Quel est le rôle d'une structure de veille ? Nathalie
Cordonnier : Elle doit permettre aux sociétés d'avancer sur une problématique
technologique pour les accompagner dans leur réduction de coûts et la définition
de leur stratégie (acquisition de nouveaux clients, développement de l'activité).
Pour cela, elle doit mettre à leur disposition l'information et les outils adaptés.
Quelle est l'histoire de l'Atelier BNP Paribas ? Créé en 1978,
l'Atelier avait pour vocation
initiale d'apporter aux filiales qui le finançaient, des pistes d'évolution de
leur métier via des outils et des business models identifiés par lui. Depuis toujours
carrefour de rencontre, l'Atelier s'est rapidement ouvert aux sociétés extérieures
pour proposer aux entrepreneurs qui y venaient, la compréhension des enjeux des
nouvelles technologies. Ainsi, l'Atelier
BNP Paribas est devenu un lieu d'expertise et une référence dans le monde des
technologies de l'information et de la communication et du business.
La veille technologique est-elle indispensable pour les enseignes ?
La veille n'est jamais "gratuitement technologique". Une bonne veille est d'abord
et avant tout une veille business. Le plus important, c'est le client. S'il souhaite
pouvoir commander en ligne, visualiser et tester un produit à distance, il faut
que son distributeur soit capable de lui proposer ce type de service. C'est pourquoi,
les enseignes - comme les sociétés en général - doivent être informées des évolutions
qui apportent une plus-value à leurs métiers. Par ailleurs, il faut être capable
de multiplier les canaux de distribution pour toucher un maximum de clients, dans
un maximum d'endroits, et ce, bien au-delà des horaires classiques d'ouverture
de magasin. Le multicanal permet la réduction du temps et de l'espace... ce qui
suppose une veille extrêmement active. Comment
informez-vous les distributeurs ? L'Atelier communique avec les distributeurs
via son site Internet (www.atelier.fr)
et sa lettre quotidienne électronique - La Lettre de l'Atelier
- qui donne un panorama complet de l'actualité liée aux nouvelles technologies
(40 000 lecteurs). Par ailleurs, l'Atelier rencontre très régulièrement des distributeurs,
notamment au cours des ateliers ou des conférences de l'Atelier.
Quels types d'études ou d'événements avez-vous déjà réalisés ?
Nous avons réalisé plusieurs études : par exemple, le marché américain du
bricolage sur Internet en mars 2000, la stratégie Internet des grands distributeurs
en mai 2000, ainsi que plusieurs conférences, comme par exemple les moyens de
paiement sur Internet en octobre 2001 et, prochainement, la confiance dans les
relations e-business (renseignements et préinscription possible sur notre site).
Comment l'Atelier peut-il aider les distributeurs à repenser leurs stratégies
? Nous leur donnons des outils opérationnels et des réflexions stratégiques,
afin de leur permettre de faire du commerce en ligne. L'Atelier fait du sur
mesure - de manière confidentielle pour le distributeur - en s'adaptant à
la stratégie de l'enseigne. Par exemple, à une enseigne de meubles qui souhaitait
utiliser Internet pour mettre en valeur ses produits, nous avons préconisé l'utilisation
de la 3D en ligne pour faire des démonstrations de produits. Cette technique et
la télévision interactive sont deux sujets qui préoccupent les distributeurs et
sur lesquels nous les aidons. Pour autant, nous ne sommes pas un cabinet de
conseil. Nous restons une structure de veille qui délivre de l'information stratégique,
qui facilite les rencontres entre les décideurs et apporte un travail d'expertise.
Quel avenir voyez-vous pour la distribution en ligne ? Un site
Internet est un investissement dont on peut mesurer un retour à court ou moyen
terme. Selon moi, l'essentiel est de se concentrer sur son métier et de montrer
aux clients sa vraie valeur ajoutée. L'Atelier a toujours eu une approche
très pragmatique des commerçants en ligne. Certains - notamment en France - vont
réussir grâce à leur marque qui est forte, ou aux services qu'ils peuvent offrir.
Les succès sont encore rares, mais Amazon est devenu rentable et la SNCF connaît
un grand succès. Cependant, le développement de l'e-commerce reste conditionné
par la faiblesse des débits - et un taux d'équipement informatique des ménages
qui, en France, tarde à décoller. Propos
recueillis par Christel de Saint-Hilaire |