
En jouant sur la proximité et en investissant des secteurs favorables, les spécialistes font de plus en plus d'ombre aux généralistes...
"Les spécialistes de seconde génération sont des chasseurs de niches et de cibles... Les ados veulent leurs boutiques, tout comme les fans de surf ou de maquettes..." Stanislas Cebron de Lisle, directeur général adjoint du cabinet Bérénice*, analyse une tendance émergente du commerce : les spécialistes.
Quelles tendances observez-vous sur le front du commerce spécialisé ?
Stanislas Cebron de Liste : Plusieurs ingrédients sont réunis pour générer un commerce spécialisé encore plus inventif, plus relationnel, plus expert...
Le premier, c'est un consommateur nouveau, issu de la crise économique du milieu des années 90. Un "pro" de l'acte d'achat qui a de nouvelles attentes. Le second, c'est l'arrivée massive, dans les trois années de croissance qui ont suivi, d'enseignes étrangères offensives. Elles ont su injecter une dimension de créativité, de style de vie, de rêve, d'étonnement.
Les mégastores spécialistes répondent-ils à ces nouvelles exigences ?
On constate actuellement un essoufflement des grands formats. Avec un corollaire, bien sûr, qui est le retour en grâce du commerce de proximité. Les spécialistes "nouvelle vague" sont en train d'inventer un format plus humain centré sur l'hypersegmentation... Il ne s'agit plus simplement de distribuer des produits comme les mégastores, mais vraiment de commercer, échanger et d'apporter de la valeur ajoutée au produit.
C'est une formidable opportunité pour le petit commerce...
Tout à fait. Le multimarque qui, hier sur le segment de la chaussure, par exemple, était balayé par les chaînes, retrouve aujourd'hui toute sa raison d'être.
Par ses conseils et la diversité de son assortiment, il fidélise une cible spécifique. Tout comme le fromager ou le boucher de proximité.
La valeur ajoutée du spécialiste, c'est de toujours mieux répondre aux besoins du consommateur. Spécialisation à taille humaine rime avec qualité. C'est une tendance positive !
Propos recueillis par Florence Elman
*Études et conseil en urbanisme commercial |
|
|
Les chiffres
Spécialisation,
les bons critères |
Pour appartenir au grand commerce spécialisé (GCS), une enseigne doit répondre impérativement à l'un des trois critères suivants.
Surface de vente :
exploiter un magasin de 2 500 m2 minimum.
Organisation en réseau :
exploiter 10 magasins ou plus.
Effectif : employer un minimum de 100 salariés. Une condition restrictive s'ajoute aux deux premiers critères : employer un effectif d'au moins 50 salariés. Celle-ci permet de limiter l'appellation "GCS" aux petites enseignes qui, malgré une grande surface de vente, emploient trop peu de salariés. |
|
|