 Amorcée il y a une quinzaine d'années, la progression constante du grand commerce spécialisé (GCS) s'explique par son mode de fonctionnement.
Contrairement à ses concurrents - petits ou grands -, ses magasins
offrent un assortiment à la fois large et spécialisé. Chiffres
à l'appui, Sébastien Séguin, chargé d'études à l'Insee et auteur
d'une étude sur le GCS, confirme cette embellie : "Sur
la période 1989-1999, la part de marché du grand commerce est
passée de 28 % à 38 %, avec une progression record
des spécialistes qui ont fait un bond de cinq points, de
9 % à 14 %."
À l'assaut des plus grands
Dans les secteurs de l'équipement du foyer et de l'aménagement
de l'habitat, le GCS se partage le gâteau à égalité avec
les hypers. Mais jusqu'à quand ?
"Si, pendant longtemps, les enseignes spécialisées, ont essentiellement
gagné des parts de marché sur le petit commerce -
le disquaire ou la droguerie de proximité - aujourd'hui, elles
attaquent aussi les grands magasins et les hypermarchés",
précise Sébastien Séguin.
Le groupe Castorama,
filiale de Kingfisher (qui détient aussi Darty
et But), affiche
ainsi une progression de 12,9 % de son chiffre d'affaires
en 2001.
Des secteurs porteurs
C'est dans les secteurs des articles de sport (34,2 % de
part de marché), de l'habillement (25,4 %), de l'électroménager-radiotélévision-micro-informatique-téléphonie
(27,9 %)... - dominés entre autres par les géants H&M,
Zara, Décathlon,
Go Sport,
Darty... -
que le GCS se taille la part du lion.
Encore loin de Carrefour
et Leclerc,
les spécialistes du jouet (Apache,
la Fnac Junior,
JouéClub)
ont conquis 5 % de part de marché sur les hypers,
au prix d'une stratégie offensive : augmentation des marges,
multiplication des ouvertures de magasins, accroissement des
surfaces de vente, meilleure couverture du territoire... grâce
à la vente par correspondance.
Des avantages indéniables
"L'expertise des vendeurs capables de donner des conseils précis
et la puissance d'achat des enseignes, qui génère des prix
attractifs, représentent de réels atouts", note Sébastien
Séguin.
Surtout, les GCS sont de moins en moins des usines à vendre.
Sur les points de vente, loisirs, divertissement et achat font
bon ménage. La stratégie commerciale a changé : l'heure est
au "fun shopping" dans des magasins devenus des "lieux
de vie".
Entre réciprocité et ambiguïté
Mais à trop vouloir faire du tout en un, l'effacement progressif
des frontières est perceptible. Les boutiques de mode proposent
des articles de sportswear, et les boutiques de sportswear
se mettent aux vêtements de ville. Les enseignes vont avoir
du mal à définir leur métier respectif. Diversification et spécialisation
ne font pas forcément bon ménage.
Christel de Saint-Hilaire |
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En
savoir plus
A lire
et à voir
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"La distribution : organisation et stratégie"
de Marc Filser, Véronique des Garets et Gilles Paché, Les Essentiels
de la gestion.
Le grand commerce spécialisé s'affirme face aux hypermarché
- Économie et Statistique n° 34 - 2001 -
Étude de Sébastien Séguin - Insee.
"Guide juridique et pratique de la distribution"
de Sylvie Gobert, Éditions LSA.
Procos, Bérénice et Eurelia (Fédération pour l'urbanisme
et le développement du commerce spécialisé)
14, rue Coquillière
75001 Paris
Tél. : 01 44 88 95 60
Fax : 01 40 13 76 44
GFK Marketing
10, rue Lionel-Terray
92500 Rueil-Malmaison.
L'Institut national de la consommation
www.inc60.fr (60 millions
de consommateur).
Le ministère de l'économie des Finances et de l'Industrie
www.minefi.gouv.fr
"Points de vente : actualités et archives"
www.pointsdevente.com
"Libre-service actualités :
actualités et archives"
www.lsa.fr
Journal "les Échos"
www.lesechos.fr |
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