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Image, ambiance, aménagement… pour attirer le chaland, il faut "réenchanter" les points de vente.

"Le consommateur des années 2000 est en quête d'émotions. Les points de vente doivent désormais jouer la carte du 'réenchantement'…", précise Marc Filser, enseignant et responsable du Centre de recherche en marketing de l'Université de Bourgogne.

Quel regard portez-vous sur le commerce de détail ?
Marc Filser : Il y a trente ans, la naissance des hypermarchés générait un modèle centré essentiellement sur le bénéfice "prix" et le "tout sous un même toit". Un modèle qui a basculé, il y a une dizaine d'années, avec l'arrivée des hard discounters et des enseignes étrangères spécialisées.

Comment le commerce a-t-il intégré cette composante ?
Une nouvelle stratégie émerge, non plus focalisée sur le prix, mais sur l'image, l'ambiance, l'aménagement du magasin (Virgin, Gap, Ikéa…). Il s'agit alors de "réenchanter" le consommateur et… le point de vente.

Quelle est la situation aujourd'hui ?
Il existe maintenant deux logiques commerciales tout à fait compatibles : l'une est basée sur "l'efficience", l'autre sur "l'expérientiel". Pour ses achats dits "utilitaires" (alimentation, produits d'entretien…), le consommateur cherche des points de vente efficients qui optimisent trois critères : prix, lisibilité de l'assortiment, caution de la marque.
Pour ses achats plus "affectifs", il privilégie les enseignes "expérientielles", celles qui savent l'étonner par les produits (Zara), par le magasin (Nature & Découvertes), ou par le climat relationnel qu'il instaure avec les vendeurs (Leroy Merlin). C'est la génération des spécialistes, créateurs d'émotions.

Cette stratégie est une réussite ?
Le temps du "réenchantement" par les senteurs, la musique et les couleurs porte ses fruits. Les études prouvent que le consommateur considère les magasins "expérientiels" comme "un but de promenade". Il n'achète pas forcément plus, mais circule plus longtemps dans le magasin et revient plus souvent.

Propos recueillis par Florence Elman