 La grande nouveauté du moment, c'est la distribution automatique (ou DA). Une épicerie robotisée couplée à un distributeur de vidéo, et bientôt, de journaux
ce n'est plus de la science-fiction.
Implanté à titre expérimental à
Paris, rue de Montreuil, ce commerce d'un type nouveau
permet au consommateur de choisir son entrée, son
dessert, sa boisson et son film
et un jour, son
journal ou sa carte téléphonique.
"Ce concept global de service répond à
une exigence, souligne le fondateur de l'enseigne de supérettes
automatisées Y'atooPartoo,
Serge Le Botmel. Aujourd'hui, pour le consommateur, c'est
tout, et
tout de suite !" (voir encadré).
3,6 milliards de consommations distribuées
automatiquement
Ce pack automatisé n'est qu'un avatar - certes
spectaculaire - d'un mode de consommation, déjà
bien ancré dans les murs.
Les 580 000 distributeurs automatiques dénombrés
par la Chambre Syndicale nationale de vente et services
automatiques (Navsa)
en 2001 ont délivré plus de 3,6 milliards
de consommations. Ils assurent des fonctions de plus
en plus variées.
De l'essence au billet de transport, de la vidéo
à la presse, de la photo à la carte téléphonique,
sans oublier les "machines à café",
et autres distributeurs de soupe, de plats cuisinés
et de confiseries qui colonisent l'entreprise, les gares,
les hôpitaux et autres clubs de
sport. Derrière toutes ces machines se cachent
des entreprises souvent individuelles et familiales
: un millier de gestionnaires de parcs dont les incontournables
Selecta
et Autobar,
mais aussi des fournisseurs. À commencer par
Nestlé
ou Fleury-Michon.
"Notre business, analyse, le directeur ventes DA
chez Fleury-Michon,
Ludovic Gilet, s'appuie sur les nouvelles tendances
allant de la consommation nomade au snacking".
Le temps, une valeur commerciale de premier ordre
En effet, souligne le Directeur de l'activité
DA chez Nestlé,
Éric Besse, "l'essor des loisirs, la distance
- souvent grande ! - maison-bureau et l'étalement
des horaires contribuent à une simplification
des repas, au développement de la consommation
hors domicile et aux casse-croûte pris sur le
pouce."
Le corollaire de cet aspect, "c'est une dépersonnalisation
de l'acte de commande" constate le patron de Y'atooPartoo.
Les consommateurs d'aujourd'hui ne "trouvent aucun
intérêt à faire la queue à
une caisse pour quelques achats de dépannage
et ne sont guère motivés par les contacts
avec le caissier".
Un mode de distribution tentaculaire
Le succès de la "DA" réside
aussi dans la capacité des acteurs à innover.
En témoigne la vidéo : inconnue, il y
a 7 ans, la vidéo comptait, en 2001, plus de
3 000 distributeurs, dont près de 50 % étaient
détenus par l'initiateur du marché Cinébank.
Également l'hôtellerie. Le groupe Accor
a opté pour la restauration automatique pour
sa nouvelle chaîne trois étoiles Suitehôtel.
Ou encore la musique : Ainsi, Kirobo
implante actuellement le Disc'Up dans les supermarchés
(Match,
petit Auchan)
et cinémas. À la fois distributeur de
disques, borne d'écoute et "visualiseur"
de jaquette, le Disc'Up intéresse une grosse
chaîne de fast-food.
Hugo Styx |