Le bien, le vrai et le beau, ces trois
principes ont
guidé la démarche d'Elizabeth Pastore-Reiss,
associée du cabinet conseil Ethicity et d'Hervé Naillon,
consultant, co-auteurs de l'ouvrage Le Marketing
éthique*.
Ce nouveau marketing affinitaire se construit sur des
valeurs fortes, communes à l'entreprise et aux
consommateurs. Entretien avec Elizabeth Pastore-Reiss.
La notion de "marketing éthique" n'est-elle
pas une utopie ?
Elizabeth Pastore-Reiss : Pas du tout !
Le marketing consiste à planifier, à mettre
en uvre l'élaboration, la tarification, la
promotion, la distribution d'un produit ou d'un service
en vue d'un échange mutuellement satisfaisant...
Le marketing éthique vient donc donner du sens
à ce contrat entre l'entreprise, ses clients
et la société civile.
Quel bénéfice y trouve le consommateur ?
Au-delà du produit, le consommateur achète
un univers, des valeurs, des façons d'être...
La provenance des matières premières, les
conditions de fabrication, l'impact sur l'environnement...
sont devenus des critères de choix dans l'acte
d'achat.
Le bien, le vrai et le beau...
Pourquoi cette trilogie ?
Les demandes de demain intégreront ces trois
critères.
Le bien permet de s'interroger sur ce qui est
positif pour les entreprises, les clients, les actionnaires,
les fournisseurs…
Le vrai s'appuie sur la transparence du produit, le lieu
de fabrication, le prix, la traçabilité,
le SAV... permettant ainsi au consommateur d'adhérer
à une démarche en toute connaissance de
cause.
Quant au beau... C'est la dimension esthétique.
En aucun cas, le produit éthique ne doit être
triste ou austère...
L'éthique et le profit font-ils bon ménage ?
A long terme, il est plus profitable d'opter pour
une démarche éthique qui modifie durablement
la relation entre l'entreprise et ses clients, que
de s'engager dans des actions de mécénat.
Oui, mais à quel prix ?
Contrairement à une idée reçue, les
produits fabriqués dans des conditions éthiques
ne sont pas les plus chers...
De plus, les valeurs, les principes, les contrôles
que l'entreprise s'impose, l'image qu'elle véhicule,
réduisent considérablement les risques de
crises avec la société civile.
Propos recueillis
par Florence Elman
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