La liste de mariage évolue
pour le malheur des uns et le bonheur des autres.
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Après le pic du nombre d'unions de l'an 2000, 2002 a
enregistré 8 000 mariages de moins qu'en 2001.
Cette année encore, la récession et le conflit
en Irak expliquent l'attentisme des futurs mariés ainsi
qu'une certaine contraction du marché. Pourtant, ceux
qui franchissent le pas préfèrent déposer
leur liste dans les grands magasins.
Les grands magasins misent sur les synergies de groupe
Afin de répondre aux nouvelles attentes des mariés
vers des produits déco, loisirs, sport, hi-fi-tv, les
grands magasins exploitent leurs synergies de groupe pour conserver
leur main-mise sur la liste de mariage.
Les listes du Printemps
à Deux, nouveau concept transverse de la Boutique
Blanche, permettent aux couples mariés (ou pacsés)
de piocher dans tous les étages du magasin mais aussi
à la Fnac,
chez Conforama
et Citadium, Madelios...
Idem pour le groupe Galeries
Lafayette qui a passé un accord de réciprocité
d'achat liste avec sa filiale BHV.
Résultat : pour déposer leurs listes, 61 %
des mariés préfèrent en effet les grands
magasins. Une politique commerciale qui laisse peu de parts
du gâteau aux autres... Ainsi, le reste du marché
revient aux boutiques spécialisées (18 %),
aux sites Internet (7 %) et aux commerces de proximité (4 %).
Les spécialistes organisent la résistance
À la maison
Madronet, l'un des nombreux magasins spécialisés
en arts de la table, rue Paradis à Paris, le dépôt
de liste ne représente plus que 5 % du chiffre
d'affaires. Cambray
Frères fait mieux avec 20 % des ventes,
mais a tout de même connu une baisse de 30 % en
l'espace de quatre ans sur ce service. Ce spécialiste
vient souvent en liste de complément des grands magasins
car il propose un choix très large à des prix compétitifs.
En province, les deux magasins "Bastide" d'Alès
et Nîmes sont passés, en douze ans, de 1 000 listes
annuelles à 350, soit 70 % du CA total
contre 30 % aujourd'hui. Pour étendre leurs
champs d'action, certains spécialistes ont conclu des
accords avec des voyagistes ou des distributeurs d'électro-ménager,
d'autres se sont fédérés en réseau
pour faire de l'interliste, à l'instar de Marialiste
ou Paquet Rouge.
La grande distribution passe à l'offensive
Auchan
et Casino
se sont aussi positionnés sur ce qu'ils considèrent
encore comme "un marché de niche". Un hypermarché
Géant
sur deux propose ce service, "important en terme d'image
et de fidélisation". L'enseigne touche une catégorie
socioprofessionnelle différente de celle des grands magasins,
peu préoccupée par l'image de marque du magasin.
Ici, les achats tendent vers le multimédia, l'électroménager,
la déco, le blanc et même l'alimentaire pour les
grands crus. La valeur moyenne d'une liste s'établit
à 1 500 euros contre environ 6 000 euros
pour les magasins des grands boulevards.
Bertrand Bourgine
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Du trousseau...
à la liste !
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La liste de mariage - à ne
pas confondre avec le trousseau de la mariée
et la corbeille du marié tombés
en désuétude - a évité
à bien des couples de collectionner
les seaux à glace
"Lorsqu'elle est apparue en France, dans
les années 50, frappée
du sens pratique anglo-saxon, la liste était
très mal vue", explique Catherine
Salles, coauteur de L'Histoire du mariage.
Remplir une tirelire, être obligé
de choisir tel objet était peu apprécié.
"L'historienne rappelle que, depuis le
Moyen-Age, offrir des cadeaux permet aux parents,
amis et voisins de participer aux frais de
la fête ou à l'installation des
ménages. Si, dans les familles modestes
il s'agissait d'objets pratiques (horloge,
moulin à café
), les milieux
riches poussaient à la surenchère
jusqu'à publier (déjà !)
une liste des cadeaux dans les gazettes avec
leurs prix
ainsi que l'identité
des généreux donateurs ! |
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