Le consommateur passe à l’action ! 
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Place aux marchés

Le consommateur passe à l’action !

1) Meuble, cuisine, loisirs... le kit a la cote
2) Bricolage, jardinage...
le conseil est roi !
3) Foci forme ses clients à la photo
4) Les fans du "DIY" ont leurs journaux
5) Loisirs créatifs...
A chacun son hobby !
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Les Français adorent leur maison. Les enseignes l'ont compris : loisir créatif ou service à domicile, elles entrent chez les consommateurs...
 
Bricolage, jardinage, couture... l'engouement pour le "faire soi-même" est bien réel puisque 40 % des Français - les femmes en majorité - pratiquent un loisir créatif.
Christophe Savouré, directeur éditorial de Fleurus-Idées, premier éditeur du secteur des loisirs créatifs, et directeur général de Rustica, maison d'édition spécialisée en jardinage, revient sur ce marché.

Quand et comment apparaissent les loisirs créatifs ?
Christophe Savouré : Pendant les années quatre-vingt, les "travaux manuels" ont connu une véritable traversée du désert. Ces activités de "dames patronnesses" sont alors assimilées à une corvée. Brandt veut même libérer la ménagère et décrète, dans son slogan, "la fin des travaux manuels".
Au début des années 90, avec la mondialisation et l'uniformisation d'enseignes comme Gap ou Benetton, la possibilité de faire soi-même, de transformer un objet et de se le réapproprier devient une révélation pour beaucoup.

Qu'est-ce qui a changé exactement ?
Le vocabulaire, déjà ! On ne parle plus de travail manuel mais de loisirs créatifs. La perception, ensuite. En créant de ses propres mains ou en donnant une touche personnelle, on s'affirme en tant qu'individu.

Les enseignes ont-elles su s'adapter à ce nouveau marché ?
Le marché est en train de décoller… Mais, l'offre était très atomisée, avec beaucoup de petits indépendants, surtout dans le domaine des Beaux-Arts. DMC, Rougier et Plé, Graphigro ont su réagir rapidement.
Côté jardin, Truffaut s'est lancé le premier sur cette niche - dès 1995 - pour désaisonnaliser son activité. Puis, les GMS bricolage ont saisi, à leur tour, les passerelles vers les loisirs créatifs.

Et pour la grande distribution ?
Étonnement, la grande distribution n'a pas vraiment répondu à l'appel. Il lui manque la dimension conseil et, surtout, une rotation suffisante pour immobiliser un rayon. Leurs kits "tout-en-un", proposés lors d'opérations ponctuelles, sont assez limités. Ils peuvent néanmoins capter l'attention d'une nouvelle clientèle. Mais cette dernière, si elle accroche, s'orientera ensuite vers les magasins spécialisés.

Qu'en est-il de l'efficacité des salons ?
Depuis cinq ans, les éditions régionales des Créativa et le salon de référence Créations & Savoir-Faire accueillent de plus en plus de passionnés et de néophytes. Un de nos auteurs a fait des démonstrations de scrapbooking (décoration d'album photo) et a vendu 350 exemplaires en une après-midi…
Du jamais vu !

Qu'apporte l'édition sur les loisirs créatifs aux enseignes ?
Nos ouvrages pratiques, parfois publiés en partenariat avec les enseignes spécialisées, mettent en avant des techniques mais aussi des matières et des accessoires.
Ils incitent à la consommation d'articles et sont de plus en plus présents sur les lieux de vente.

Propos recueillis par Bertrand Bourgine
  EN CHIFFRES
Les loisirs créatifs
La part de marché des beaux-arts et des loisirs créatifs en France pour 2002, s'élève à 775,8 millions d'euros, soit 4 % de progression par rapport à 2000.
Le marché global du bricolage et du jardinage en 2002 enregistre 20,48 millions d'euros, soit, 14,7 millions d'euros pour le bricolage et, 5,78 millions d'euros pour le jardinage. Depuis 5 ans, la progression annuelle moyenne de ce marché est de + 4 %.
Les pratiquants ont une double motivation pour ces travaux : la volonté de créer (78 %) et le besoin de "passer le temps" (74 %).

Sources : Institut + Consultant /Créaplus Promo Jardin 2000, Insee, Cetelem.



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