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| Les Français adorent leur
maison. Les enseignes l'ont compris : loisir créatif
ou service à domicile, elles entrent chez les consommateurs... |
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Bricolage, jardinage, couture... l'engouement
pour le "faire soi-même" est bien réel
puisque 40 % des Français - les femmes
en majorité - pratiquent un loisir créatif.
Christophe Savouré, directeur éditorial
de Fleurus-Idées, premier éditeur du secteur
des loisirs créatifs, et directeur général
de Rustica,
maison d'édition spécialisée en jardinage,
revient sur ce marché.
Quand et comment apparaissent les loisirs créatifs
?
Christophe Savouré : Pendant les années
quatre-vingt, les "travaux manuels" ont connu
une véritable traversée du désert.
Ces activités de "dames patronnesses"
sont alors assimilées à une corvée.
Brandt
veut même libérer la ménagère
et décrète, dans son slogan, "la fin
des travaux manuels".
Au début des années 90, avec la mondialisation
et l'uniformisation d'enseignes comme Gap
ou Benetton,
la possibilité de faire soi-même, de transformer
un objet et de se le réapproprier devient une révélation
pour beaucoup.
Qu'est-ce qui a changé exactement ?
Le vocabulaire, déjà ! On ne parle plus
de travail manuel mais de loisirs créatifs. La
perception, ensuite. En créant de ses propres mains
ou en donnant une touche personnelle, on s'affirme en
tant qu'individu.
Les enseignes ont-elles su s'adapter à ce nouveau
marché ?
Le marché est en train de décoller
Mais, l'offre était très atomisée,
avec beaucoup de petits indépendants, surtout dans
le domaine des Beaux-Arts. DMC, Rougier
et Plé, Graphigro
ont su réagir rapidement.
Côté jardin, Truffaut
s'est lancé le premier sur cette niche - dès
1995 - pour désaisonnaliser son activité.
Puis, les GMS bricolage ont saisi, à leur tour,
les passerelles vers les loisirs créatifs.
Et pour la grande distribution ?
Étonnement, la grande distribution n'a pas
vraiment répondu à l'appel. Il lui manque
la dimension conseil et, surtout, une rotation suffisante
pour immobiliser un rayon. Leurs kits "tout-en-un",
proposés lors d'opérations ponctuelles,
sont assez limités. Ils peuvent néanmoins
capter l'attention d'une nouvelle clientèle. Mais
cette dernière, si elle accroche, s'orientera ensuite
vers les magasins spécialisés.
Qu'en est-il de l'efficacité des salons ?
Depuis cinq ans, les éditions régionales
des Créativa
et le salon de référence Créations
& Savoir-Faire accueillent de plus en plus de
passionnés et de néophytes. Un de nos auteurs
a fait des démonstrations de scrapbooking
(décoration d'album photo) et a vendu 350 exemplaires
en une après-midi
Du jamais vu !
Qu'apporte l'édition sur les loisirs créatifs
aux enseignes ?
Nos ouvrages pratiques, parfois publiés en
partenariat avec les enseignes spécialisées,
mettent en avant des techniques mais aussi des matières
et des accessoires.
Ils incitent à la consommation d'articles et sont
de plus en plus présents sur les lieux de vente.
Propos recueillis
par Bertrand Bourgine
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EN
CHIFFRES
Les loisirs créatifs |
La
part de marché des beaux-arts
et des loisirs créatifs en France
pour 2002, s'élève à
775,8 millions d'euros, soit 4 %
de progression par rapport à
2000.
Le
marché global du bricolage et
du jardinage en 2002 enregistre 20,48 millions
d'euros, soit, 14,7 millions d'euros
pour le bricolage et, 5,78 millions
d'euros pour le jardinage. Depuis 5 ans,
la progression annuelle moyenne de ce
marché est de + 4 %.
Les
pratiquants ont une double motivation
pour ces travaux : la volonté
de créer (78 %) et le besoin
de "passer le temps" (74 %).
Sources
: Institut + Consultant /Créaplus
Promo Jardin 2000, Insee, Cetelem. |
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