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Magasins d'usine ou de centre-ville...
Le commerce de Troyes a généré 310 millions
d'euros de CA en 2002. Un référence ! |
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Député-maire de Troyes,
président de la communauté de l'agglomération
troyenne, François Baroin présente la spécificité
de sa ville en matière de distribution, et insiste
sur la complémentarité gagnante des magasins
d'usine et du commerce traditionnel.
Peut-on parler d'un modèle de distribution troyen
?
François Baroin : La position de Troyes est,
en effet, très spécifique. Devenue, dans
les années 90 la capitale des magasins d'usine
en France, notre ville est toujours citée en référence
et observée à la loupe dans ce domaine.
Mais aujourd'hui, le "modèle" troyen
va bien au-delà des centres de marques. Il se caractérise,
en effet, par une dynamique commerciale très forte
en centre-ville, couplée à 85 000 m2
de surface de vente en magasins d'usine. Nos efforts portent
sur la complémentarité entre ces deux types
de commerces, ce qui permet à Troyes, aujourd'hui,
de traduire une parfaite harmonisation entre ces deux
modes de distribution.
Comment est apparue cette spécificité
troyenne des magasins d'usine ?
Deux facteurs sont à l'origine de cette position
de leader. D'une part, l'industrie textile, dominante
pendant des décennies, a conféré
à la ville une légitimité historique
et industrielle. D'abord réservés aux salariés
pour écouler les surplus des entreprises textiles,
les magasins de déstockage ont ensuite été
ouverts au grand public, donnant naissance, dès
les années 70, aux premiers magasins d'usine.
D'autre part, une volonté politique a conduit,
au début des années 90, à appuyer
le développement de magasins d'usine dits de deuxième
génération, créés par des
professionnels de la distribution. C'est la naissance
de Marques
Avenue en 1993, puis Mac
Arthur Glen en 1995. Troyes a été vraiment
précurseur en la matière, et a su saisir
une opportunité.
Quel est l'impact économique des magasins d'usine
sur Troyes et sa région ?
Il y a, tout d'abord, l'impact direct : 85 000 m2
de surface de vente, 1 200 emplois en vente directe,
un chiffre d'affaires de 310 millions d'euros en
2002
Il faut ensuite distinguer les retombées économiques
indirectes, mais concrètes : une notoriété
nationale et internationale irréfutable, et quatre
millions de visiteurs chaque année. Si la ville
parvient à attirer un certain pourcentage des clients
des centres de marques, le bénéfice est
indéniable : en 2001, les retombées
du tourisme commercial pour le centre-ville ont été
chiffrées à plus de 13 millions d'euros.
Restauration, hôtellerie, services et commerces
en ont bénéficié.
Comment la ville accompagne-t-elle les commerces de
centre-ville ?
Depuis plusieurs années, Troyes mène
une vaste opération de requalification de son centre
historique. Nous possédons un patrimoine exceptionnel,
avec notamment les maisons à pans de bois du xvie
siècle qui forment un ensemble absolument unique.
La remise en valeur de ce patrimoine architectural et
la requalification des espaces publics visent à
offrir aux Troyens un cadre de vie de qualité.
Mais elles s'inscrivent aussi dans une perspective économique.
Aujourd'hui, cette requalification se traduit par l'arrivée
de nouveaux habitants, par la hausse de l'activité
touristique et par une attractivité renforcée
des commerces de ville. Ainsi, depuis plusieurs mois,
des enseignes nationales et internationales s'intéressent
au centre-ville et s'y implantent, ce qui n'aurait pas
été envisageable il y a cinq ou dix ans.
Patrimoine architectural et commerces sont-ils conciliables ?
On constate aujourd'hui, à travers plusieurs
implantations et projets, que maisons à pans de
bois et développement commercial et économique
peuvent cohabiter très efficacement. Je tiens à
souligner que la politique de requalification, qui s'accompagne
de changements importants en termes de stationnement,
de circulation, de piétonisation partielle ou totale,
est menée en très étroite concertation
avec les commerçants, leur fédération
et la Chambre
de commerce et d'industrie de Troyes et de l'Aube.
C'est un projet partagé, au bénéfice
de tous.
Quelles actions Troyes projette-t-elle pour continuer
à développer la distribution ?
Dans certains secteurs, une action importante sur
le bâti aboutira à la mise à disposition
de nouvelles surfaces commerciales dans un environnement
particulièrement attractif et qualitatif. La ville
s'efforce donc de faire connaître ces nouveaux atouts,
notamment en participant à des salons professionnels
comme le Mapic.
Il s'agit de mettre en valeur la dynamique aujourd'hui
créée, les opportunités offertes
et les segments de marché particulièrement
porteurs en centre-ville. Je pense, entre autres, aux
domaines de la culture, des loisirs et des sports.
Et à l'échelle de l'agglomération
?
Les efforts portent, par exemple, sur l'amélioration
de la signalétique, ainsi que sur la requalification
des espaces publics et de l'environnement des magasins
d'usine.
Comment Troyes entend-elle conserver sa longueur d'avance ?
Il s'agit de poursuivre l'orientation haut de gamme
des centres de marques troyens, et de s'investir plus
que jamais dans le processus national et européen
d'évolution des magasins d'usines. À ce
titre, la ville accueillera, en 2005, la deuxième
édition du colloque national sur les magasins d'usine,
dont la première édition avait été
organisée avec succès par la CCI. Notre
savoir-faire et notre compétence en la matière
sont par ailleurs confirmés par la mise en place,
cette année, par la CCI, de l'observatoire européen
des centres de marques. Je me réjouis que la "référence
troyenne" reste plus que jamais d'actualité.
Propos recueillis
par Fabien Simode
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EN
CHIFFRES
Les magasins d'usine |
En France, la part de
marché des centres de magasins
de marques est passée de 0,9 %
en 1996 à 1,7 % en 2003
sur les secteurs de l'habillement et
des chaussures.
En sept ans, leur chiffre
d'affaires est passé de 305
à 655 millions d'euros.
97 % des surfaces de vente
se situent au-dessus de la Loire.
Avec près de
250 000 m2 de surface de vente,
la France se positionne au second rang
des magasins d'usine en Europe, derrière
la Grande-Bretagne qui en compte le
double.
L'intérêt
du concept repose sur sa rareté.
Quatre ou cinq projets d'implantation
viables sont annoncés par les
spécialistes. |
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| EN SAVOIR PLUS |
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À LIRE |
Le guide des magasins d'usine, de Marie-Paule Dousset, Seuil. Sixième édition du livre de chevet des consommatrices éprises de marques et de bonnes affaires.
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À CONSULTER |
magasinsdusine.com
Le journal en ligne des magasins d'usines de Troyes et de négoce de Troyes.
Les dates de soldes, nouvelles marques, l'actualité des trois principaux centres de magasins de marques...
tourisme-troyes.com
Site de l'office du tourisme local. Une section est consacrée à la naissance des magasins d'usines et à l'histoire de la bonneterie.
www.troyes.cci.fr
Créé par la CCI de Troyes, l'Observatoire européen des centres de marques et magasins d'usines recense les projets d'implantation et les centres en activité sur l'Hexagone. Comptes rendus très complets du colloque qui s'est tenu à Troyes en septembre 2003 sur le thème "Magasins d'usine et centres de marques : risques ou opportunités pour les territoires ?". Édite chaque semestre un baromètre économique et conjoncturel des magasins d'usines.
marquescity.com,
mcarthurglen.fr,
marquesavenue.com
Sites internet des trois principaux centres de marques troyens.
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