Pour toucher des consommateurs nomades
- de plus en plus nombreux -, les commerces et les prestataires
de services s'installent dans les lieux de transit. Bruno
Marzloff, sociologue et directeur du Groupe
Chronos, centre de ressources sur la mobilité,
revient sur ce phénomène au carrefour du
marketing et du sociétal...
Qu'est-ce que la mobilité a changé dans
nos habitudes de vie ?
Nous réorganisons notre vie en fonction de nos
déplacements. Il s'agit moins de gagner du temps,
que de profiter de ces déplacements pour faire
d'autres choses.
C'est pourquoi le commerce "de transit" - longtemps
cantonné aux journaux, cigarettes et snack - s'élargit
progressivement à d'autres produits et services
pour devenir un format de distribution à part entière.
Une métamorphose qui a touché les gares
et les aéroports
Les gares ont entamé cette mutation qui affecte,
dans un premier temps, les plus grandes d'entre elles
et devrait être déclinée dans des
formats plus petits.
Les aéroports et les stations-service, mais aussi
d'autres lieux déconnectés du transport
tels que les cinémas multiplexes ou certains hôpitaux
ont su ouvrir des voies dans cette nouvelle génération
de "lieux de vie, lieux de commerce".
Quels sont les enjeux de ce commerce sur les lieux
de passage ?
Il faut concevoir cette évolution comme un
service apporté aux voyageurs, comme une intégration
à la vie urbaine - les riverains en sont de grands
bénéficiaires - et comme une source de revenus
supplémentaires !
Il faut savoir que le taux de concrétisation d'achat
"j'entre et j'achète" évolue entre
50 % et 70 % dans les lieux de passage, contre
30 à 40 % en centre-ville !
Quelle enseigne vous semble la plus impliquée
dans ce commerce ?
Casino est sans doute la plus représentative.
Elle est présente sur les autoroutes, dans les
aéroports, les gares, mais aussi avec des automates-épiceries,
autre façon d'être présent sur le
passage des clients !
Propos recueillis
par Karl Falcon
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