En Europe de l'Est,
la distribution lève le rideau
Epil Center règle l'éclairage au poil
Lancôme ouvre sa boutique newlook
Pour booster la vente,
Sony mise sur l'image
Bernard Cova :
"Le shopping, un nouvel espace de liberté"
La distribution : le premier
métier de Cetelem
Place aux marchés
Europe de l'Est,
la distribution dans tous ces Etats
1) S'implanter à l'Est,
les règles pour gagner
2) Europe de l'Est :
10 marchés à la loupe
3) Europe de l'Est,
la résistance s'organise
4) Carrefour mise sur
la qualité en Pologne
5) La distribution assiège Moscou
6) Les Polonais fous de centres commerciaux !
7) La distribution à la source des marchés
Gérard Darel marie la mode à l'intemporel
Voyages-sncf.com…
sur les rails du succès
Shooz met ses chaussures de ville
Ventes flash sur le Net
Le chocolat régale aussi les distributeurs
Le week-end ou après leurs heures de travail, les clients veulent faire de leur shopping…
un loisir !
 
Pour Bernard Cova, enseignant à l'école commerciale ESCP-EAP, la consommation a remplacé le travail en devenant l'élément central de la construction identitaire et existentielle.

Quelle est la place du shopping dans notre société contemporaine ?
Bernard Cova :
Avec l'effet des 35 heures, le shopping prend une place de plus en plus importante dans la vie de l'individu, tout particulièrement en termes d'horaires. C'est d'autant plus vrai que les 25-30 ans ne croient plus à la valeur identitaire du travail et commencent "à vivre" en sortant du bureau.
Par ailleurs, cette tendance déteint sur les autres générations. Résultat, la consommation devient une des passions de nos contemporains.

Cette nouvelle fenêtre de consommation qui s'em-boîte entre le "métro boulot dodo", répond-t-elle à des besoins pratiques ?
La mobilité et les emplois du temps plus souples ne sont pas négligeables. Mais comme le "temps social" du monde du travail tend à disparaître, pourquoi n'y aurait-il pas un temps social de la consommation ?
Les gens veulent déambuler dans les boutiques n'importe quand, simplement pour leur plaisir. Les achats liés à la maison, aux loisirs ou à la personne font d'ailleurs l'identité de chaque individu. Regardez le succès des grandes enseignes spécialisées en jardinage, en sport ou en culture.

Peut-on parler également de shopping évasion ?
Plutôt que de déjeuner avec leurs collègues, ceux qui étouffent au travail compensent en faisant du lèche-vitrines. Je me souviens, par exemple, d'une brillante consultante qui, au sortir du bureau, "régressait" dans la boutique Disney des Champs-Élysées.

La ville a-t-elle désormais besoin du shopping pour exister ?
Lorsque les jeunes parlent de "quartiers morts", ils parlent d'endroits où il n'y pas de magasins. Mais attention, les commerces ne suffisent pas. La déambulation ne se fait que dans un endroit architecturalement soigné et sécurisé. Bercy Village, véritable enclave au milieu de rien, est une réussite en matière de "cool shopping". Les Parisiens y flânent le week-end et après le travail, comme on le faisait jadis sur les allées bordées de platanes. Le rôle social des galeries commerciales est de plus en plus important pour le plaisir d'être avec d'autres, sans forcément interagir avec eux.

La gestion des horaires d'ouvertures des magasins ne risque-t-elle pas de devenir complexe ?
En effet, les passions s'expriment désormais après le travail. À ce propos, les magasins Games Workshop, qui distribuent les figurines Warhammer et proposent des espaces de jeu, ont un très gros problème : ils sont fermés au moment de la journée, là où la majorité de leurs clients, souvent des étudiants, a du temps pour assouvir sa passion. Les clients de toutes les Fnac et Virgin ont, quant à eux, beaucoup plus de chance...

Propos recueillis par Bertrand Bourgine

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