| L’ameublement
se réveille après deux années difficiles
: les indicateurs sont en hausse, les enseignes font alliance
et le recours au crédit progresse. Claude Leleu,
responsable Marché du Meuble Cetelem, fait le point
sur les particularités de ce secteur.
Quelles sont les spécificités
du marché français de l’ameublement ?
Claude Leleu : En France, il n’existe
pas un mais plusieurs marchés du meuble : le
premier équipement, le jeune habitat, le second
équipement, le meuble à bas prix, le meuble
ethnique et, depuis peu, la décoration qui, avec
le regain d’intérêt des clients pour
le centre-ville, commence à vendre du mobilier.
Quelle a été la progression du
meuble en 2004 ?
Selon l’Institut de promotion et d’études
de l’ameublement, le meuble – siège
rembourré, meuble meublant, de cuisine, de salle
de bain et de jardin – a enregistré une
progression de 3,1 %, pour un chiffre d’affaires
de 8,57 milliards d’euros. Une véritable
embellie que l’on doit, en partie, à la
progression du siège rembourré (+ 3,9 %).
Tous les marchés du meuble ont-ils été
égaux face à cette “embellie”
?
Tous les marchés ont, globalement, enregistré
une hausse : + 3,4 % pour le premier équipement,
+ 4,3 % pour le jeune habitat, + 4,7 %
pour le second équipement, + 3 % pour
la décoration, etc. La vente par correspondance
tire son épingle du jeu en progressant de 5,2 %.
Comment expliquez-vous cette progression ?
Avec l’accroissement des mises en chantiers de
logements neufs, le nombre de propriétaires et
d’accédants à la propriété,
le nombre de clients a augmenté. Parallèlement,
dans un contexte international difficile, les consommateurs
se recentrent davantage sur leur maison et souhaitent
se sentir bien chez eux : dur dehors, doux dedans !
Quelles grandes tendances de la distribution
observez-vous ?
Nous assistons, au niveau national et régional,
à un regroupement des distributeurs – près
de 70 enseignes spécialisées en France
– et au déploiement de stratégies
multi-enseignes. Ce phénomène structure
le commerce.
Plusieurs facteurs positifs ont également agi
en 2004. Les enseignes du meuble “low cost”
(à bas prix) se sont notablement développées.
Ensuite, les spécialistes du bricolage ont profité
de la tendance actuelle d’ouverture de l’habitation
vers l’extérieur pour commercialiser une
gamme de mobilier intérieur/jardin. Enfin, il
faut désormais compter avec les GSA qui se sont
mieux organisées.
Quelle est l’importance du crédit
sur ce marché ?
Le crédit doit être présent à
toutes les étapes de la vente, de manière
cohérente. Le panier moyen augmente en fonction
des possibilités, pour le client, de recourir
au crédit. Ce panier de 1 200 euros,
tous paiements confondus, passe à 1 600 euros
pour un crédit de 10 mois et à 2 300 euros
avec une durée de 20 mois.
Comment la distribution prend-elle en compte
le crédit ?
En 2004, les enseignes ont mieux communiqué sur
les facilités de paiement. Elles ont aussi davantage
sollicité Cetelem sur “comment réussir
une vente à crédit”.
Résultat : le taux de recours au crédit
est passé de 6 % en 2003 à 7 % en 2004,
toutes enseignes confondues et avec des écarts
de 1 à 10 puisque certaines de nos enseignes
meuble réalisent plus de 20 % de leur chiffre
d’affaires avec le crédit.
Comment Cetelem accompagne-t-il ses partenaires
distributeurs ?
Chaque jour, notre réseau d’agences est
présent auprès des magasins pour les accompagner
dans leurs actions commerciales, les écouter,
former les équipes de vente et les conduire à
mieux utiliser les facilités de paiement Cetelem.
Nous créons aussi des animations spécifiques.
Sans oublier que Cetelem se place au cœur de la
stratégie de communication du distributeur.
Quelle est la stratégie mise en place
par Cetelem en 2005 ?
À l’occasion du Salon du Meuble de Paris,
Cetelem a délivré trois messages. D’abord,
“la force est en nous” : les magasins ont
tout en main pour optimiser leurs ventes (enseigne,
produits, communication, vendeurs, facilités
de paiement…). Ensuite, Cetelem met à leur
disposition des outils novateurs : le portail distribution.cetelem.fr
et Dobox, un véritable outil d’aide à
la vente et des barèmes sur carte à puce.
Enfin, Cetelem continue de proposer une large gamme
de services : formations, compteurs de flux et études
géomarketing.
En résumé : Cetelem met tout en œuvre
pour participer au développement du meuble et
confirmer, en 2005, les tendances de 2004.
Propos recueillis par
Fabien Simode
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