Fondateur du cabinet Tera consultant,
qui a conduit la rédaction du rapport “1992-2002
: la décennie du mobile” pour le compte de
l’Afom,
et professeur d’économie à Paris 2,
Laurent Benzoni analyse le phénomène de
la convergence numérique du point de vue de la
distribution.
Quel a été le rôle de la distribution
dans l’essor du mobile ?
Dès 1994, les opérateurs ont choisi de s’appuyer
sur un réseau de proximité en rémunérant
les revendeurs sur les abonnements souscrits. Jusqu’à
5 000 commerces indépendants ont été
créés avant que les enseignes se regroupent.
Aujourd’hui, 20 000 emplois sont liés à
la distribution des mobiles.
Les innovations technologiques impactent-elles
les modes et les formats de distribution ?
Énormément. L’instabilité
technologique sur les terminaux et l’appétence
très forte des consommateurs pour les terminaux
mobiles de plus en plus évolués sont au
cœur de la concurrence que se livrent les opérateurs
qui financent et subventionnent ces terminaux. Tant
que cette dynamique d’innovation perdurera, une
grande partie de l’activité passera par
la distribution en magasins qui, seule, permet de manipuler
les appareils.
Existe-t-il d’autres relais de croissance
sur ces marchés ?
Le fructueux marché des sonneries, logos et jeux
téléchargeables, échappe à
la distribution traditionnelle. Mais l’on pourrait
très bien matérialiser la vente de ces
services de personnalisation du mobile avec des cartes
prépayées, packagées en boîtes
et vendues directement en rayon sans acte d’abonnement.
Quid de la VoiP ?
La téléphonie sur Internet devient une
vraie concurrente. Les offres tripleplay des FAI proposent
la gratuité ou des prix ultra-attractifs pour
des communications illimitées en France et à
l’étranger. Le fixe risque de récupérer
du trafic… mais pas nécessairement beaucoup
de CA !
Propos recueillis
par B. Bourgine
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