L’histoire du commerce est un perpétuel
renouvellement et pourtant toujours la même…
Un étrange paradoxe que décrypte le journaliste
et éditeur, Olivier Dauvers.
Que nous apprend l’histoire du commerce ?
Olivier Dauvers : Dès qu’un circuit de distribution
dominant s’embourgeoise (montée en gamme,
hausse des coûts d’exploitation, des prix),
une nouvelle forme de vente bouleverse le paysage en s’appuyant
systématiquement sur un coup d’exploitation
à chaque fois plus bas, et donc un positionnement
prix à chaque fois plus agressif.
En 150 ans, la distribution a connu huit révolutions
: les grands magasins, les coopératives de consommateurs,
le succursalisme, les magasins populaires,
les supermarchés, les hypermarchés
et aujourd’hui le hard-discount.
Quels sont les autres phénomènes
qui ont marqué le commerce moderne ?
La notion de service. En effet, chaque nouvelle forme
de commerce qui s’est imposée a amélioré
le service perçu par les consommateurs. Ainsi,
l’abandon de la vente assistée pour le libre-service,
dans les hypermarchés, a été perçu
comme une avancée en terme de praticité
d’achat.
Autre exemple, celui du hard-discount. Le client perçoit
le manque de choix comme une économie, il dépense
moins, et comme un gain de temps, il fait plus vite ses
courses.
Quelle sera la prochaine révolution commerciale ?
Si le prix reste la valeur fondamentale, nous verrons
apparaître un “super hard-discount”
avec des prix encore plus agressifs. D’autant que
le hard-discount alimentaire commence à élargir
son assortiment et ses services, ce qui pèse sur
son coût d’exploitation.
Si c’est le temps qui devient la valeur essentielle,
il émergera des formes de vente basées avant
tout sur la praticité : courses automatiques, livraison,
gestion “automatique” des stocks du consommateur,
etc. Mais je ne crois pas à la prédominance
du facteur temps sur le prix. Parce que le prix a pour
l’heure toujours dominé le commerce et parce
que le temps n’est pas une ressource qui se raréfie
(allongement de l’espérance de vie, baisse
du temps de travail, etc.).
L’Internet révolutionnera t-il
le commerce ?
Sur des produits dématérialisables comme
le disque, le logiciel, le billet de transport
ou de spectacle… le cyber-commerce a de l’avenir.
Pour les autres types de produits, parce qu’aujourd’hui
encore il présente le coût d’exploitation
le plus bas, le magasin restera la forme de commerce
ultra dominante.
Propos recueillis par
Hugo Styx
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