| Premier producteur français
indépendant de disques classiques, la société
s'est également imposée sur le terrain
de la distribution. |
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Alors que le secteur du disque stagne, le label et distributeur
Harmonia
Mundi ne connaît pas la crise avec des taux
de croissance à deux chiffres, entre 12 %
et 20 %. Bernard Coutaz, fondateur et président
directeur général d'Harmonia Mundi, revient
sur les raisons de ce succès.
Quelles sont les origines du label Harmonia Mundi
?
Bernard Coutaz : C'était en 1958, j'étais
journaliste et directeur de collection dans une maison
d'édition. J'avais envie de devenir mon propre
patron et le disque à microsillons était
alors promis à un fort développement. J'ai
donc créé une maison de disques, sans un
sou, avec une équipe d'étudiants.
Nous avons d'abord édité des musiques d'orgues
historiques d'Europe qui ne nécessitaient pas un
financement important.
Petit à petit, la maison a élargi son répertoire
et son public, notamment grâce à la rencontre
avec Alfred Deller, contre-ténor de renommée
internationnale, qui nous a ouvert les portes du répertoire
baroque et Renaissance.
Comment d'éditeur de musique classique devient-on
distributeur ?
Au commencement, nous étions distribués
par CBS. Très vite nous avons souhaité nous
assumer seuls. Nous avons alors demandé aux 2 000
personnes qui achetaient nos disques par correspondance
de devenir nos représentants dans leur ville. Vingt
personnes ont répondu. Ainsi, pendant deux ou trois
ans, nous avons diffusé nos disques sans charge.
Nous avons ensuite engagé des représentants
professionnels.
Quelles sont les clés du succès de la
société Harmonia Mundi ?
Déjà, nous nous sommes laissé
guider par l'envie. Nous avons suivi le goût des
musiciens puis nous avons fait confiance à des
chefs d'orchestre comme René Jacobs ou Philippe
Herreweghe qui ont aujourd'hui une réputation mondiale.
Ensuite, j'ai décidé de ne pas percevoir
de dividendes et de réinvestir les bénéfices
dans la société. Enfin, nous n'adoptons
pas la même stratégie que les majors qui
ont choisi, en période de crise, de multiplier
les compilations qui augmentent les quantités mais
font baisser le chiffre d'affaires et les marges.
Êtes-vous présents à l'international
?
Dans les années 1980, nous avons ouvert des sociétés
filiales en Angleterre, en Belgique, aux Pays-Bas, en
Allemagne, en Espagne et aux États-Unis. Ce réseau
assure une bonne part de notre diffusion internationale.
Mais nous sommes également présents dans
tous les pays du monde où l'on vend des disques
de musique classique via des distributeurs externes. Ainsi,
nous sommes le premier éditeur à être
allé en Inde.
Pourquoi avez-vous choisi d'ouvrir vos propres points
de vente ?
Nous assistons depuis quinze ans, sous la pression tarifaire
des hypermarchés et autres grandes chaînes
de distribution de disques, à la disparition progressive
des 2 400 disquaires de l'Hexagone. Ainsi, il y a
dix ans, pour pallier cette pauvreté nous avons
entrepris de constituer notre propre réseau de
magasins qui distribue aussi des catalogues indépendants.
Nous en possédons actuellement 43 en France et
3 en Espagne. Mais nous cherchons aussi à vendre
des disques partout où cela est possible. Par exemple,
parallèlement à nos boutiques, nous avons
ouvert des points de vente avec bornes d'écoute
dans 200 librairies.
Propos recueillis par
Domytile d'Eliassy
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Harmonia
Mundi
en chiffres |
| •
1989 : ouverture du premier
magasin en Arles. |
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26 % : CA de l'activité
disquaire. |
| •
10 % : CA du réseau
de ventes en librairie. |
| •
60 pays : nombre de pays
dans lesquels sont distribués les disques
Harmonia Mundi. |
| •
11 Maison &
Reflet. |
| •
10 l’Embarcadère. |
| L'indicateur : |
| Chiffre d'affaires en millions d'euros |
2003/
2004 |
|
2004/
2005 |
| 54 |
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56 |
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